« Il se met dans un état pas possible juste parce que son verre n’est pas de la bonne couleur. »
« Elle pleure parce que je lui ai demandé de mettre ses chaussures. »
« Il explose pour quelque chose qui, objectivement, n’a aucune importance. »
Si vous êtes parent, ces situations vous sont probablement familières. Et elles peuvent être particulièrement déconcertantes : comment un événement qui nous semble si insignifiant peut-il provoquer une réaction aussi intense chez notre enfant ?
La première chose à garder en tête est peut-être celle-ci : ce qui déclenche une crise n’est absolument pas ce qui en est la cause.
Le « petit rien » est parfois la goutte de trop
Pour un adulte, un verre d’une autre couleur, une chaussette qui gratte ou un départ précipité peuvent sembler dérisoires.
Mais l’enfant n’arrive pas à la situation avec un « réservoir », un état émotionnel vide. Il a déjà vécu des choses plus tôt dans la journée.
Une journée d’école, une contrariété avec un camarade, une mauvaise nuit, la faim, la fatigue, trop de bruit, beaucoup de stimulations ou simplement une succession de petites frustrations peuvent progressivement augmenter son niveau de tension, de nervosité.
Puis arrive le fameux « petit rien ».
Et tout déborde.
Ce n’est donc pas l’événement en lui-même qui explique l’intensité de la réaction. Il ne s’agit que d’un stimuli, un déclencheur, sur un système nerveux déjà surchargé, déjà stressé.
Quand le système nerveux est déjà très sollicité
Les émotions ne sont pas uniquement une expérience psychologique. Elles s’accompagnent aussi de changements corporels : respiration, rythme cardiaque, tension musculaire, niveau d’énergie, attention…
Chez l’enfant, comme chez l’adulte, le système nerveux est souvent dysfonctionnel. Lorsqu’il est fortement stressé (même par ce que le cerveau considèrerait comme des broutilles), il se surcharge et c’est à ce moment que les conséquences physiologiques ont un effet sur le « comportement » : les cris, pleurs, crises… ne sont que des réponses du corps et non une « volonté » consciente de contredire ou « faire son intéressant ».
C’est souvent à ce moment-là que certaines phrases nous échappent comme :
« Mais ce n’est pas grave ! »
« Arrête de pleurer. »
« Il n’y a aucune raison de te mettre dans cet état. »
Et il faut avouer qu’elles fonctionnent assez mal …
Non pas parce que l’enfant refuse de nous écouter, mais parce qu’il n’est tout simplement pas disponible pour raisonner et agir comme il le ferait lorsqu’il est calme (donc lorsque son système nerveux est apaisé). Le corps a programmé des réponses en fonction de son vécu, notamment celui avant la naissance.
Une crise n’est pas toujours un caprice
Il est tentant de penser qu’un enfant qui hurle, tape, pleure ou se roule par terre cherche à obtenir quelque chose. Mais une crise est souvent l’expression d’une surcharge nerveuse et sensorielle.
Dans ces moments-là, le comportement devient une information intéressante à observer.
Non pas : « Comment faire pour qu’il arrête ? »
Mais plutôt : « Que se passe-t-il pour lui en ce moment ? »
Cette question ne signifie pas qu’il faut tout accepter. Comprendre une réaction ne veut pas dire supprimer les limites.
On peut parfaitement poser une limite tout en reconnaissant l’état physiologique de l’enfant.
Et si l’on regardait du côté du corps ?
C’est précisément le postulat de la LMTC.
Plutôt que de s’intéresser à ce que l’enfant pense ou dit, on porte attention à ce qu’il ressent dans son corps.
- Un ventre noué
- Une respiration qui s’accélère
- Des poings serrés
- Une envie de courir
- Une sensation de chaleur
- Des oreilles qui deviennent soudain très sensibles au bruit
- Ou, au contraire, l’envie de se cacher et de ne plus bouger.
Apprendre progressivement à reconnaître ces signaux peut aider l’enfant à mieux identifier ce qui se passe en lui avant que la tension n’atteigne son point culminant.
L’objectif n’est pas d’obliger un enfant à ne plus faire de crises !
Les émotions font partie de la vie. Un enfant continuera à être frustré, déçu, en colère, triste ou excité.
L’objectif n’est donc pas nécessairement de réprimer objectivement les crises ou de contraindre un enfant surchargé au calme.
Il s’agit plutôt de lui permettre de retrouver un système nerveux apaisé, qui ne réagit plus aux stimuli de la vie en surchargeant le corps, et donc en produisant des comportements explosifs.
Et cela prend du temps.
Le corps d’un enfant ne modifie pas ses programmes réponses parce qu’on lui explique une fois comment respirer et une fois comment détecter ses sensations. Il modifie ses dysfonctionnements avec du temps et de la régularité dans ses séances.
La LMTC® permet au corps de réparer ces dysfonctionnements physiologiques
Elle ne consiste pas à chercher une signification à chaque sensation, ni à faire une liste des stimuli extérieurs qui sont susceptibles de faire monter la mayonnaise en cas de nervosité.
Elle offre plutôt un point d’entrée essentiel et définitif : laisser le corps réparer son système défectueux, pour ne plus réagir. Adieu cris, colères, pleurs ou roulades dans le supermarché… Le corps de l’enfant reste apaisé, et gère parfaitement les contrariétés et les événements extérieurs.
Chaque enfant étant différent, l’accompagnement reste adapté à son âge, à son fonctionnement corporel, à son environnement et à ses besoins. Il ne s’agit pas de transformer nos enfants en robots obéissants et insensibles, mais de leur permettre d’évoluer avec un corps qui sait parfaitement traiter les aléas de la vie quotidienne, sans surcharger l’organisme de ces réactions physiologiques envahissantes.
Pour en savoir plus sur la LMTC® et son application chez l’enfant, cliquez ici.
A lire également : le TDA chez l’enfant
A lire également : le stress de la rentrée chez l’enfant
N’hésite pas à me rejoindre sur instagram