ARRÊTONS D’ATTRIBUER REJET ET MANQUE AU « JUMEAU PERDU »

Depuis quelques années, une théorie connaît un succès grandissant sur les réseaux sociaux et dans certains accompagnements : celle du jumeau perdu.

À lire certaines publications, il suffirait de ressentir un vide intérieur, une peur de l’abandon ou un sentiment de rejet pour conclure à la perte d’un jumeau in utero.

Cette simplification est pourtant problématique.

La souffrance humaine est infiniment plus complexe qu’une explication unique. Réduire des vécus aussi profonds à une seule hypothèse risque non seulement d’induire les personnes en erreur, mais aussi de leur faire passer à côté d’autres éléments importants de leur histoire.

La recherche d’une cause unique est rassurante… mais rarement juste

Lorsqu’une personne souffre depuis des années, il est naturel qu’elle cherche une explication. Découvrir une théorie qui semble tout expliquer peut procurer un immense soulagement. Enfin, tout paraît prendre sens.

Mais en thérapie, les raccourcis sont rarement de bons guides.

Deux personnes peuvent présenter exactement les mêmes symptômes – peur de l’abandon, besoin fusionnel, sentiment de vide, difficulté à se sentir pleinement vivantes – sans que leur histoire soit identique.

Les causes peuvent être multiples et souvent intriquées

CE QUE NOUS OBSERVONS EN LMTC

La LMTC invite à écouter ce que le corps exprime sans chercher à plaquer immédiatement une interprétation. Bien souvent, nous n’en fournissons même pas car elle n’a aucun rôle à jouer dans la disparition du comportement.

Au fil des séances, il apparaît fréquemment que les origines d’un mal-être ne correspondent pas du tout à ce que l’on imaginait au départ.

Certaines personnes, il est vrai, mettent en évidence des événements remontant à la vie intra-utérine tandis que d’autres déroulent un vrai travail corporel purement mécanique, qui donnera aussi lieu à la disparition de la problématique, sans fournir d’explication

Parmi ceux qui revivent la période fœtale, on retrouve parfois :

  • des menaces d’accouchement prématuré ;
  • des interventions médicales pendant la grossesse ;
  • des variations importantes de l’environnement fœtal ;
  • ou encore des incidents concernant le cordon ombilical.

 

Ces événements intra-utérins sont encore largement sous-estimés, alors qu’ils constituent des expériences significatives pour le développement du système nerveux.

LES INCIDENTS DE CORDON : UN EXEMPLE SOUVENT OUBLIÉ

Le cordon ombilical n’est pas qu’un simple lien physique entre la mère et le bébé qui assure les échanges indispensables à la vie pendant toute la grossesse, il est aussi une « entité » perçue comme « autre » par le fœtus.

Tout ce temps passé pendant la grossesse en cohabitation avec son cordon constitue sa première expérience avec l’altérité. Et il va sans dire que l’interaction n’est pas toujours paisible.

Lorsqu’il survient une compression, un enroulement ou toute autre situation modifiant temporairement ces échanges, le fœtus peut vivre une expérience physiologique intense.

Tous les fœtus sans exceptions vivent des incidents de cordon, mais cela n’engendrera pas forcément par la suite des difficultés émotionnelles majeures. De la même manière, il serait erroné d’affirmer qu’une sensation d’oppression retrouvée en séance constitue la preuve qu’un incident de cordon a eu lieu.

En revanche, ces éléments rappellent une chose essentielle : la vie intra-utérine est beaucoup plus riche et complexe que ce que l’on imagine souvent et a une incidence majeure sur la personne en devenir. 

UNE SENSATION N’EST PAS UNE PREUVE

C’est probablement le point le plus important.

En LMTC, une sensation corporelle est une information précieuse. Elle mérite d’être observée, explorée et comprise dans son contexte.

Mais une sensation n’est pas une preuve historique. Elle est surtout le résultat d’un processus interne, souvent électrique, mais aussi biochimique. 

Ressentir un vide immense ne démontre pas l’existence d’un jumeau perdu mais se rattache bien souvent à une perte de sensation dans une zone du corps. 

Ressentir une compression autour du cou ne prouve pas qu’il y ait eu un problème de cordon.

Le rôle du thérapeute n’est pas de transformer chaque ressenti en certitude, mais d’accompagner la personne dans une exploration respectueuse, sans suggestion ni interprétation hâtive. Combien de thérapeutes aggravent eux-mêmes le mal-être en proclamant arbitrairement un jumeau disparu ?

LA POSTURE DU THÉRAPEUTE EST ESSENTIELLE

La qualité d’un accompagnement repose aussi sur la capacité du praticien à rester humble face à ce qu’il ne sait pas.

Proposer une hypothèse est une chose.

L’ériger en vérité en est une autre.

Nous sommes loin de tout savoir sur le corps, sur l’humain qui l’habite et leur interaction. Il est donc fondamental de rester humble.

De manière générale, la neutralité thérapeutique consiste précisément à laisser émerger l’histoire propre de chaque personne sans chercher à la faire entrer dans un modèle préétabli. Et plus particulièrement en LMTC, cela consiste surtout à laisser le corps réparer ce qui, SELON LUI, a besoin de l’être, et à SA façon.

REMETTONS L’ÉGLISE AU CENTRE DU VILLAGE

Les sentiments de rejet, d’abandon, de solitude ou de manque peuvent avoir des origines multiples : histoire familiale, qualité de l’attachement, événements de vie, stress précoces, expériences prénatales, tempérament… mais ils ont tous un point commun : bien que ces divers événements soient des déclencheurs, ils prennent des proportions à cause des dysfonctionnements du corps. Régler ces dysfonctionnements, c’est ce débarrasser de ces sentiments envahissants.

La théorie du jumeau perdu peut constituer une piste de réflexion dans certaines situations, mais elle ne devrait jamais devenir une explication automatique.

Accompagner une personne, c’est accepter que son histoire et soit souvent bien plus complexe qu’une réponse toute faite.

sonia deligat

Je suis Sonia et je suis devenue thérapeute LMTC après avoir libéré tous mes blocages grâce à cette méthode dont je suis devenue fan. Institutrice durant de longues années, j’ai naturellement adapté la LMTC pour les enfants, afin qu’ils se libèrent au plus tôt, de façon douce et intuitive, et qu’ils grandissent en devenant eux-mêmes, sans fardeau émotionnel ou comportemental.

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